CONFERENCE DE PRESSE

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PROPOS LIMINAIRES DE LA PRESIDENTE

Bangui, le jeudi 14 janvier 2016

  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Candidats aux Elections Présidentielle et Législatives ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Présidents des Partis ou Groupements politiques ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Organes de presse et média ;
  • Distingués invités ;
  • Mesdames et Messieurs.

L’Autorité Nationale des Elections vous remercie d’être venus aussi nombreux à cette première conférence de presse de l’année 2016. Par ma voix, tous les Membres de l’A.N.E., le personnel central et les Démembrements vous souhaitent leurs vœux les plus sincères de santé et longévité durant cette nouvelle année.

 

 

L’Autorité Nationale des Elections souhaite vivement que la paix et la cohésion sociale reviennent après les élections et que notre Pays emboîte le chemin de la prospérité.

 

Des scrutins présidentiel et législatif ont été organisés le mercredi 30 décembre 2015. Initialement prévus pour se tenir le dimanche 27 décembre, ils ont du être repoussés de trois jours pour des raisons techniques liées à la formation des membres des bureaux de vote et de déploiement du matériel dans le temps, dans tous les cinq mille six cent quatre vingt sept (5 687) bureaux de vote.

 

En effet, l’organisation du référendum constitutionnel a mis en exergue certaines insuffisances de certains acteurs électoraux à remplir les formulaires, et donc la nécessité de les former pendant plus de temps. De plus, le déploiement du matériel sensible jusqu’aux fins fonds de nos provinces requérait un certain nombre de jours.

 

L’Autorité Nationale des Elections ne voudrait pas justifier tous les manquements qu’il y a eu dans le déroulement de ces élections, mais voudrait édifier les organes de presse que vous êtes et à travers vous, toute la communauté nationale et internationale, sur les difficultés et autres aléas de dernier moment qui ont fait croire à certains que l’A.N.E. ne maîtrisait pas le processus en cours.

 

Ces élections de crise se déroulent dans un contexte sécuritaire et social spécial. Les opérations préélectorales ont commencé dans un climat délétère d’insécurité, avec des déplacements de population. Le calendrier électoral mis en œuvre était contraignant, car il fallait harmoniser les contraintes techniques et les délais légaux, tout en tenant compte des termes de la Transition fixés au 31 décembre 2015.

 

Le nombre élevé des candidatures à la députation, mille neuf cent soixante (1970) tout comme celui des candidats dans certaines circonscriptions, ont rendu très complexe le traitement des différents dossiers.

 

Le travail est devenu harassant quand il fallait prendre en compte les multiples compléments de dossiers, les changements de logos inhérents aux changements d’orientation politique ou de statut (d'indépendant à celui de représentant d'un parti politique par exemple), les absences de photos et/ou de récépissés.

 

Au fur et à mesure que les corrections étaient apportées, les numéros des candidats ont été déclassés.

Les maquettistes qui ont élaboré les spécimens de bulletins ont été confrontés à l’épreuve du temps.

Certains bulletins corrigés ont été envoyés pour édition le samedi 26 décembre. Ils sont revenus le lundi 28 à 23 heures 30. Compte tenu du temps restant avant les scrutins, ces bulletins sont partis sur le terrain le lendemain matin, depuis l’aéroport Bangui M’POKO, sans contrôle préalable de l'A.N.E.

 

Des résultats des scrutins :

Les procès verbaux destinés à l'A.N.E. étaient validés par des panels dirigés par les Commissaires avant les saisies, du 31 décembre 2015 au 07 Janvier 2016. Les représentants des candidats étaient présents et il régnait une ambiance bonne enfant jusqu'à ce que les résultats progressifs, favorables à certains au début, ont commencé à l'être pour d'autres. Un test de fiabilité de la saisie a même été réalisé à la demande de certains candidats et s'est révélé concluant.

Les résultats de l'élection à la Présidence de la République, issus des procès verbaux parvenus à l’A.N.E. ont généré les résultats provisoires publiés le 07 janvier 2016. Il s'agit des chiffres suivants, en ce qui concerne les quatre premiers challengers :

  • Anicet Georges DOLOGUELE = 281 420 voix - soit 23,78% ;
  • Faustin Archange TOUADERA = 229 764 voix - soit 19,42% ;
  • Désiré NZANGA BILAL KOLINGBA = 149 134 voix - soit 12,60% ;
  • Martin ZIGUELE = 128 009 - soit 10,82%.

Le taux de réalisation du traitement des procès verbaux pour le scrutin présidentiel est de 82%.

Les 18% des procès verbaux qui n’ont pu être traités à la fin des opérations de saisie sont constitués en partie, de PV qui n'ont pas été transmis à l'A.N.E. (CTD), notamment, en raison de la non ouverture de certains bureaux.

 

 

Des procès verbaux reçus, cent quatre vingt quatre (184), soit 3,24% d’entre eux n’ont pas pu être traités pour les raisons suivantes :

  • PV illisibles avec l'absence des fiches de résultats correspondantes ;
  • PV des opérations reçus sans les PV de dépouillement ou les fiches de résultats comportant les renseignements adéquats pour les transcrire ;
  • Bureau de vote invalide du fait que son code ne figure pas dans la liste des bureaux de vote de la base des données ;
  • PV ou fiches de résultats ne comportant aucun renseignement concernant les scores obtenus par les candidats ;
  • PV dont les chiffres indiqués ne sont pas en cohérence avec ceux des PV de dépouillement ou des opérations de vote.

Les différentes raisons soulevées ci-haut expliquent le taux de 18% non consolidés qui n’est pas synonyme de suffrages détournés en défaveur d’un ou de certains candidat (s)

En ce qui concerne les résultats des élections législatives, en raison de l’acheminement tardif ou rendu impossible par endroit du matériel électoral sensible, certains bureaux n’ont pas ouvert et donc il n’y a pu avoir de vote. Au total quatre vingt deux (82) bureaux de vote dans les circonscriptions suivantes sont concernées.

 

 

Bien que l’A.N.E. ait publié un communiqué le 30 décembre 2015, interdisant l’ouverture des bureaux de vote le 31 décembre, plusieurs localités ont quand même voté ce jour là.

 

 

La Sous-préfecture de Djema dans le Haut Mbomou, où les bulletins pour les législatives ne sont pas parvenus à temps, n’a voté que pour la Présidentielle.

 

Certains bulletins de vote des législatives comportaient des anomalies telles l’inversion des circonscriptions, la non-conformité des numéros d’ordre, la duplication de photos et/ou logos, l’absence sur le bulletin de certains candidats retenus, comme je l’ai déjà dit plus haut.

 

Cela concerne environ seize (16) circonscriptions électorales dans neuf (9) préfectures.

Sans vouloir faire un bilan, j’ai voulu simplement vous faire la situation des forces et des faiblesses relevées tout le long de ce processus.

 

L’A.N.E. a du relever de grands défis pour arriver à organiser ces scrutins du 30 décembre.

Aussi, chers amis de la presse, eu égard à tout ce qui précède, je vous exhorte à bien accompagner le processus électoral dans cette phase délicate où nous sommes. Ne perdons jamais de vue que notre pays a consenti d’énormes sacrifices pour que nous en arrivions là.

 

 

L’A.N.E. compte sincèrement sur la bonne volonté de tous pour la réussite des élections du second tour et de toutes les partielles concernant les circonscriptions à problème.

Nous attendons les décisions de la Cour Constitutionnelle pour mettre en action les activités déjà prévues pour cette dernière ligne droite du processus électoral.

 

Je vous remercie.